Marles-les-Mines : trahis par le Bloc, les policiers dénoncent une fermeture orchestrée

Marles-les-Mines : la fin annoncée d’un commissariat, ou quand on dit que « le chien a la rage » En 2006 déjà, une vaste réorganisation policière avait conduit à la fermeture de plusieurs commissariats dans le Béthunois, ramenant leur nombre de neuf à cinq. Les antennes de Barlin, Divion, Lillers et Calonne-Ricouart avaient alors disparu, cette dernière fusionnant avec Marles-les-Mines. Faute de locaux adaptés, le service d’investigation était resté à Calonne, tandis que la tenue opérait depuis Marles.

Près de vingt ans plus tard, le scénario se répète. Depuis le début de l’année 2025, les rumeurs de fermeture du commissariat de Marles-les-Mines se multiplient, justifiées par l’administration, la préfecture et certaines mairies. Officiellement, le manque d’activité ou les contraintes budgétaires serviraient d’arguments. Des motifs qui font bondir les policiers locaux : « C’est sûr, la police régalienne ne rapporte rien, mais elle assure un service public essentiel », ironisent-ils. Et d’ajouter, amers : « Quand tu veux abattre ton chien, tu dis qu’il a la rage. »

Un vote syndical au goût amer


Début septembre, un Comité Social d’Administration s’est tenu sur l’avenir du commissariat. Le président de séance avait rappelé qu’un vote unanimement défavorable empêcherait la fermeture. Le syndicat UN1TÉ a voté contre la fermeture, mais les organisations Alliance, UNSA et leur « Bloc1 » ont choisi de soutenir la décision de l’administration.
Depuis, un sentiment de trahison chez de nombreux policiers marlésiens. « A-t-on déjà vu un syndicat voter pour la fermeture d’un site, contre l’avis de ses propres adhérents ? » s’indignent certains. Plusieurs agents annoncent déjà leur démission de ces structures syndicales du « Bloc » qu’ils jugent déconnectées du terrain.

« Nous ne sommes que des numéros »


Malgré cette perspective de fermeture, les effectifs continuent d’assurer leurs missions, parfois dans des conditions morales éprouvantes. L’été dernier, ils étaient encore présents pour sécuriser le Tour de France.
Mais lors des entretiens menés par la DRHFS2, beaucoup disent avoir ressenti davantage de pression que d’écoute : des entretiens « froids », orientés vers des mutations sans garantie de prime ni du poste choisi. « On nous parle de mobilité, mais jamais de nos vies », déplorent-ils. Fatigue, désillusion et résignation gagnent peu à peu les rangs. « Pour la boîte, nous ne sommes que des numéros, mais nous méritons un minimum de considération », confie un agent.

Sécurité ou sentiment de sécurité ?


Selon la presse locale, le commissariat de Marles-les-Mines devrait être transformé en simple poste de police, ouvert en journée pour les effectifs de passage, sans accueil du public. Les habitants devront désormais se rendre à Auchel pour déposer plainte.
Raison officielle : « renforcer la présence sur le terrain ». Une justification difficile à avaler pour les agents, qui rappellent qu’à chaque fusion passée, les effectifs ont fini par diminuer.

Exemple à l’appui : Divion et Bruay-la-Buissière comptaient ensemble environ 150 agents en 2006 avant leur mutualisation. Aujourd’hui, ils n’en ont plus qu’une centaine pour un secteur élargi.

Cette logique de circonscriptions mutualisées allonge les délais d’intervention, éloigne les forces de l’ordre des habitants et mine la connaissance du terrain. Les patrouilles de « sécurisation », visibles mais ponctuelles, entretiennent tout au plus un sentiment de sécurité loin de la présence rassurante d’un commissariat de proximité. En filigrane, une question demeure : au nom de l’efficacité et de la rationalisation budgétaire, combien de territoires devront encore perdre ce lien de confiance et de proximité que représente la police républicaine ?

Carlo C.

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