UN1TÉ dénonce l’état critique de l’investigation : « 3 millions de procédures judiciaires en attente, des victimes abandonnées »

La crise de la filière « investigation » de la Police nationale atteint un point de rupture, avertit le syndicat UN1TÉ. 3 millions de procédures judiciaires sont actuellement en attente, dans un contexte où au moins 2 000 enquêteurs manquent pour répondre efficacement. Pour UN1TÉ, c’est bien plus qu’un sujet administratif : c’est une crise de justice, dont les victimes pâtissent, souvent sans savoir si leurs violences ou agressions seront un jour traitées.

Flyer Investigation

Le constat est sans appel : des plaintes pour violences, agressions sexuelles ou atteintes aux personnes restent sans suite. Les policiers sont surchargés, souvent jusqu’au burn-out, et les victimes sont laissées dans l’ignorance de l’état d’avancement de leur dossier

Les enquêteurs sont débordés, au point que des affaires graves sont traitées avec du retard, ou classées sans suite faute de moyens ou de temps. Le matériel technique et informatique est obsolète, les procédures sont alourdies de formalismes issus du code de procédure pénal, et les délais s’allongent au-delà de toute capacité humaine raisonnable.

Un malaise ressenti dans les rangs


Ce désarroi ne touche pas que les plaignants. Du côté des policiers, le sentiment d’abandon est réel : celui de ne plus pouvoir faire leur travail, de voir leur efficacité compromise. Ils dénoncent une réelle déconsidération pour toute la filière judiciaire, ou les enquêteurs abattent leur travail à la chaîne. L’impuissance devient une norme difficile à supporter, dans des services où les moyens, humains, logistiques et budgétaires, ne suivent pas la cadence.

Revendications claires de UN1TÉ


Face à cette situation, le syndicat UN1TÉ formule plusieurs demandes urgentes :

  • Le renforcement des effectifs, avec notamment le recrutement immédiat des policiers manquants,
  • La fourniture d’outils informatiques et techniques à la hauteur des besoins, ainsi que la modernisation du logiciel de rédaction procédurale actuellement inopérant,
  • Une justice efficace qui neutralise enfin délinquants et criminels, avec les moyens suffisants,
  • Une reconnaissance pécuniaire des agents et officiers de police judiciaire pour rendre un peu d’attractivité à la filière « investigation ».

Un appel à un changement de paradigme politique


Plus encore, UN1TÉ réclame une nouvelle philosophie d’action publique de la part du politique, où la priorité revient au fond, pas à la forme. Depuis trop longtemps, selon le syndicat, « les ministres privilégient l’apparence, la communication immédiate, les effets d’annonce, au détriment d’une vision à long terme pour assurer la protection des citoyens ». D’après les délégués UN1TÉ, entre deux flyers distribués : « Le paraître ne peut plus suffire. Ce sont les actes, les moyens, la constance qui comptent ». Pour UN1TÉ, il est urgent que l’État engage des actions concrètes, non pas pour rassurer les regards, mais pour rendre justice aux victimes, dignité à ses enquêteurs, sens à leur mission.

Linda Kebbab

1 Commentaire

  • Janbier
    Soutien aux forces quand elles sont du bon côté de la loi, et c'est le cas général. Les abus de pouvoir ou les brebis galeuses, une minorité agissante, n'ont rien a faire dans la police ni dans les autres administrations. Aucune ambiguité...

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