Il y a dix ans, jour pour jour, Nice vivait l’horreur.
Les festivités de la Fête nationale basculaient dans l'horreur lorsqu'un camion lancé à vive allure percutait des centaines de personnes rassemblées sur la promenade des Anglais.
Un terrible attentat qui a coûté la vie à 86 personnes, fait plus de 400 blessés et marqué à jamais toute une nation.

ActuPolice est allé au contact de 2 policiers qui se souviennent.

Florian était en brigade anticriminalité (BAC) sur le dispositif de sécurisation du feu d’artifice, ce soir-là, sur la « Prom’ ».
Il se souvient de la foule, compacte, paniquée qui affluait dans leur direction, alors qu’ils se dirigeaient, avec son équipage, vers le camion neutralisé par d’autres effectifs. Il a également été marqué par les corps au sol, au petit matin, dont l’air marin soulevait les draps, posés délicatement pour tenter de les recouvrir avec respect. Il garde également en mémoire l'image insoutenable du corps d'une victime resté coincé dans l'essieu du camion.
Des images terribles auxquelles personne n’est préparé.
Sur le moment, et malgré ces scènes de chaos, le sens policier a pris le dessus, avec une seule idée en tête, porter assistance et déjouer un éventuel sur-attentat.
Il n'était alors qu'un simple adhérent au syndicat UN1TÉ. Aujourd’hui, il a quitté Nice, et est revenu dans sa région d’origine, en Côte-d’Or, où il est désormais délégué départemental adjoint. Son implication syndicale, s’est présentée à lui comme une évidence, après toute l’aide et le soutien dont il a bénéficié de la part du bureau départemental 06 UN1TÉ.

Laurent, quant à lui était sur Cannes au moment des faits. À l’époque, il était membre du bureau national UN1TÉ.
Dès le lendemain, il se rendait au contact des policiers Niçois pour leur apporter du soutien.
Il a été choqué par les tonnes de fleurs et de nombreux doudous qui jonchaient la promenade des Anglais.
Il a rencontré de nombreux policiers Niçois : Certains avaient visiblement besoin de parler, et d’autres semblaient porter en silence les stigmates de cette tragédie.
Il souligne le rôle joué par son syndicat dans l'accompagnement de ses collègues au cours des jours, des mois, puis des années qui ont suivi.
Il s’est pleinement investi dans cet accompagnement, quittant le secteur communication du bureau national de l’organisation pour s’investir syndicalement au cœur du département maralpin.
Aujourd’hui, beaucoup de policiers ont quitté Nice, et tentent de se reconstruire ailleurs.
Ceux qui sont restés évoquent, pour certains, cet attentat avec une extrême pudeur, quand les autres continuent d’avoir un blocage à parler de ce drame qui a été extrêmement destructeur.
Laurent ponctue cette interview par des reproches à une administration qui pour lui, n'a pas suffisamment reconnu l'engagement de ses collègues cette nuit-là.
Dix ans après, le temps a poursuivi sa course, mais certaines blessures demeurent intactes. Nous continuons de rendre hommage à l'ensemble des services de l'État, aux forces de secours, ainsi qu'aux nombreux citoyens qui ont porté assistance aux victimes ou contribué à mettre fin à cette attaque. Notre pensée va également aux 86 victimes, aux centaines de blessés et à toutes les familles que cet attentat a meurtries. Nous ne les oublierons jamais.
Carlo C.