Guets-apens :  faudra-t-il un mort ? UN1TÉ réclame la criminalisation systématique

Avec au moins 6 cas médiatisés rien que sur le dernier trimestre, nous sommes les témoins impuissants d’une recrudescence de guets-apens contre les forces de l’ordre dans l’hexagone À Rillieux-la-Pape, Nanterre, Mantes-la-Jolie, Limoges ou Béziers, les délinquants n’ont pas hésité à tendre des embuscades aux policiers et s’en prendre directement à leur intégrité physique. Sans parler des destructions matérielles et le danger vis-à-vis de la population devenue dommage collatéral.

Des peines dissuasives ?


Au travers de ces attaques, quel est le message que veulent envoyer ces individus ? Qu’ils ne craignent plus, ni la police, ni la justice.
Pourtant, l’article 222-14-1 du code pénal devrait être dissuasif : toutes violences commises en bande organisée ou avec guet-apens sur personne dépositaire de l’autorité publique, y compris pompiers et même un agent d'un exploitant de réseau de transport public de voyageurs dans l’exercice de leurs fonctions sont punies de peines allant de 10 ans et 150 000 euros d’amende, à 30 ans de réclusion criminelle.
Mais voilà, dans les faits, ces peines ne sont jamais prononcées pour cette infraction.
Par exemple, en 2020 dans les Yvelines, un homme a été condamné à un an de prison dont six mois ferme pour avoir participé à un guet-apens visant policiers et pompiers.
Plus récemment, en février 2025, deux individus ont écopé de 7 à 10 mois de prison à domicile sous bracelet électronique ainsi qu’une indemnisation collective de 3100€ pour avoir tendu un guet-apens à des gendarmes.

La correctionnalisation : une atteinte au devoir de protection des policiers


La violence dans notre société est aujourd’hui décomplexée. Si des représentants directs de l’autorité de l’État ne sont pas à l’abri de violences, comment les citoyens pourraient-ils l’être ?
Comment peut-il y avoir une telle différence entre les peines encourues et celles prononcées, et ce, quels que soient les faits constatés ? Cela serait essentiellement dû à la correctionnalisation. Mais pourquoi transformer des faits qui relèvent des assises ou de la cour criminelle départementale en délits jugés en correctionnelle ?
Certains pointent du doigt des raisons budgétaires et les moyens alloués aux enquêtes et à la justice. Il est vrai que les enquêteurs sont saturés d’affaires, tout comme les tribunaux. Il n’y a qu’à voir les burn-out au sein de pôles judiciaires de police pour comprendre que les effectifs n’en peuvent plus de la masse de travail et de l’impression de vider l’océan à la petite cuillère.
D’autres voix donnent comme avantage à la correctionnalisation, un traitement judiciaire plus rapide ou citent comme autre avantage (mais pas forcément pour les deux parties), que les juges du tribunal correctionnel étant des magistrats professionnels, ils seraient moins sujets à l'émotion que des jurés non professionnels. On peut entendre par là, soit des acquittements, soit au contraire, des peines trop lourdes…

Des policiers à bout


Les forces de l’ordre travaillent dans un climat ou l’agressivité à leur encontre est quotidienne. Nous ne pouvons tolérer cette montée en puissance de violence à leur encontre.
Devra-t-on attendre un mort pour que les politiques et la justice réagissent ?
Tendre une embuscade à des policiers dans l’exercice de leur fonction peut et doit être puni d’au-moins 10 ans de prison et 150 000€ d’amende.
UN1TÉ réclame l’application du 222-14-1 dans le cadre de guets-apens, ni plus, ni moins.

Carlo C.

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