Florian, Brigadier-Chef de 40 ans, en couple depuis 11 ans et père d’un petit garçon de 7 ans, raconte comment l’usage de son arme, dans le cadre d’une mission régulière, l’a plongé dans une mise en examen aux conséquences dévastatrices. Entre détention, menaces de mort et dépression, il livre un témoignage bouleversant sur la fragilité d’un métier où tout peut s’effondrer en un instant.
Nanterre, le 27 juin 2023, après un refus d’obtempérer, une course poursuite s’engage entre une voiture de sport puissante et deux motards de la Police Nationale… Dans cette interview, il ne s’agit pas d’aborder l’affaire dite « Nahel », encore en cours d’instruction, mais de mettre en lumière les répercussions d’une poursuite judiciaire dans l’exercice de ses fonctions, sur la vie privée, la carrière et l’état psychologique d’un policier.
Il convient de rappeler que, bien qu’elle soit souvent mise à mal, la présomption d’innocence s’applique à toute personne, y compris aux policiers, et est donc pleinement valable pour Florian.

Bonjour Florian, peux-tu te raconter et nous en dire plus sur ton parcours ?
Bonjour. J'ai grandi dans le Sud-ouest de la France jusqu'à mes 19 ans, âge auquel je me suis engagé 5 ans dans l'armée de terre. J'ai servi au sein du 35ème Régiment d'infanterie à Belfort qui a été une expérience très forte pour moi. À la suite de mon contrat militaire, j'ai intégré la Police Nationale en tant que Cadet de la République en Unité de Sécurité Routière. Durant cette période, j’ai réussi le concours de Gardien de la Paix au titre des emplois réservés. À l’issue de ma scolarité, j'étais plutôt bien classé et j'ai choisi le commissariat de police d'Aulnay-sous-Bois au sein duquel j'ai exercé en Police Secours. Ayant réussi les présélections du stage motocycliste de la Police Nationale, j’ai suivi et validé l'exigeante formation de cette spécialité. À l’issue, j’ai choisi de retourner dans mon département, en tant que motocycliste à la CTCSR1 93.
En 2018, j'ai été retenu pour le groupe moto de la CSI 93 avant de rejoindre la BRAV-M à Paris. En 2021, souhaitant renouer avec les escortes, j'ai obtenu mon affectation à la CTCSR 92 à Nanterre.
Que dirais tu de toi en dehors de la Police ?
Côté passions, je suis un grand amateur de moto, de VTT et de sport de glisse en général. Côté engagements associatifs, pendant ma suspension, j'ai voulu rejoindre plusieurs fois des associations de recherches de personnes disparues ou d'enquêteurs bénévoles dans des associations de protection animale. J’ai dû renoncer car j'avais peur d’être reconnu. Par sécurité, j'ai donc été forcé de ne pas concrétiser ces projets.
Comment vas-tu ?
Il y a des moments plus compliqués que d'autres. Ce n'est pas simple tous les jours mais je reste combatif et déterminé. Je suis surtout inquiet pour ma famille suite aux nombreuses menaces de mort que j'ai reçues et je ne souhaite pas qu'elle revive la même chose qu'il y a deux ans.
Par quelles phases es-tu passé ?
En détention, j'étais focalisé sur ma défense, j'ai fait beaucoup de sport et de lecture, ce qui m'a aidé à tenir. Mais avec le temps, je commençais à ne plus supporter le bruit des autres détenus qui hurlaient et tapaient en permanence sur les barreaux. L'isolement devenait très pesant, au point que je me parlais à moi-même et tournais en rond. Mais dans l'ensemble, même si ce n'était pas facile, j'ai réussi à rester fort.
Ça s'est dégradé lorsque je suis sorti de détention, je suis passé par des crises d’angoisse, j'avais surtout peur pour la sécurité de ma famille car encore aujourd'hui, nous sommes menacés de mort. Et nous devons sans cesse faire attention et rester discret. Au bout de quelques mois, on m'a diagnostiqué une dépression sévère. Depuis je suis suivi par un psychiatre et j'ai un traitement médicamenteux pour soigner mes troubles dépressifs.
As-tu reçu du soutien ?
Je pense tout d’abord à ma compagne qui me soutient au quotidien et qui fait preuve d'une grande force, et à ma famille bien entendu (parents, frères et sœurs, etc...). Ensuite, il y a les proches collègues avec lesquels il m’est toujours permis de rester en contact.
Dans mon ancien service, le chef d'unité et le secrétariat ont toujours répondu présents lorsque j'ai eu besoin d'eux. Le syndicat a été mon principal interlocuteur avec l'administration. J'en profite d'ailleurs pour remercier Sébastien d'UN1TÉ 92 qui m'a été d'une aide remarquable, toujours disponible et très réactif. Il y a aussi Gregory JORON, secrétaire général d’UN1TÉ, qui a été au cœur des négociations pour ma réintégration et ma mutation. Les délégués nationaux ont aussi été de grands soutiens auprès des médias en rappelant en permanence le principe de présomption d'innocence dans les médias, qui a été bafoué jusqu' au sommet de l'État.
Et l’administration ?
Ma compagne a reçu quelques appels au début de mon placement en détention provisoire. Après ma libération, je suis resté de longs mois sans aucune nouvelle, malgré une demande de mutation car il était nécessaire que je m’éloigne de Nanterre. Seul, le service de soutien de la DOPC m'a contacté quelques fois pour prendre de mes nouvelles et me demander s’il n'y avait pas d'autres circonscriptions que je souhaitais car ma demande ne serait pas acceptée. Avec UN1TÉ, nous sommes restés fermes sur notre position et notre résilience a fini par payer. De toute manière, me concernant, c'était ça ou rien. Il n’était pas question que j'impose à ma famille un nouveau déménagement et un énième changement d'école pour mon fils, eux qui avaient assez subi ce traumatisme.
Tu as été affecté dans une autre circonscription à la demande de notre organisation syndicale, est-ce que c’était important pour toi ? Comment as-tu été accueilli par tes nouveaux collègues et par la hiérarchie ?
Cette réintégration était importante pour moi. Hormis l'interdiction de port d'arme, mon contrôle judiciaire ne m'empêche nullement d'exercer, et jusqu'à présent, rien n'indique que j'ai commis une faute dans l'exercice de mes fonctions. Une mise en examen n'est en aucun cas une condamnation. Continuer d’aider autrui me tenait vraiment à cœur. Malgré les quelques détracteurs de notre corporation, de nombreuses personnes soutiennent leur police, conscients d’en avoir de plus en plus besoin.
L'accueil dans ma nouvelle circonscription a été très bon. Ma nouvelle hiérarchie et mes nouveaux collègues sont bienveillants à mon égard. Je ne fais plus du tout le même travail qu'auparavant mais je fais de mon mieux et je trouve toujours une oreille attentive pour me guider et m'apprendre les nouvelles tâches qui me sont confiées.
Penses-tu que cette affaire t’ait fondamentalement changé ?
Bien sûr,
Aujourd'hui, je suis conscient que tout peut basculer très vite. J’ai appris à relativiser les petits soucis du quotidien qui n'en sont plus vraiment pour moi, étant donné que j'ai des problèmes bien plus conséquents à gérer maintenant.
Je sais aussi qu’on fait un métier dans lequel tu peux partir de chez toi le matin, te rendre au travail, prendre ton service comme d'habitude, et ne pas rentrer chez toi auprès des tiens pendant une longue période.
Maintenant, je suis plus méfiant, plus vigilant que je ne l'étais auparavant.
D’un autre côté, je suis plus résilient et combatif que jamais. Toujours déterminé à lutter contre la délinquance.
Comment appréhendes-tu la suite ?
C'est très difficile de se prononcer pour l'instant. Avec maître Lienard, nous avons fait appel de l'ordonnance de renvoi devant la cour d'assises des Juges d'instruction. Comme toujours, je ne mets pas la charrue avant les bœufs et j'attends patiemment que la cour d'appel de Versailles se prononce sur notre recours. Donc, nous avançons étape par étape.
Si malgré tout, je devais être convoqué devant une juridiction, je m'y rendrais, déterminé à défendre ma position comme depuis le début de l'affaire. Car avec le collègue présent ce jour-là, nous avons toujours dit la vérité et n'avons, depuis notre première audition avec l'IGPN, jamais varié ni changé de version contrairement aux dires de la partie civile.
Un dernier mot ?
Pour finir, j'ai très certainement oublié de citer des personnes qui m'ont soutenu. Je pense notamment à tous ces français qui m'ont écrit pendant ma détention et ceux qui continuent quotidiennement sur les réseaux sociaux à me soutenir. Pour l'instant, je n'ai pas encore répondu aux multiples courriers qui m'ont été adressés mais je le ferai. Merci à UN1TÉ de m'avoir aidé et de continuer à le faire encore aujourd'hui.
Carlo C.
Ndlr : Le syndicat UN1TÉ est intervenu et a obtenu que Florian bénéficie bien de la protection fonctionnelle.
Francaise français réveillez vous arrêtez de défendre tous ces délinquants, ces intégristes ces anti français !
Sauvons notre pays !
J’espère que la Justice saura oublier la harangue du juge de gauche Oswald Baudot de 1974, notamment cette phrase " Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurance de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice" qui est à l’origine de décisions iniques.
Tout d'abord merci pour le travail que vous faites et à votre engagement sans faille pour la France et les Français. Je ressens en tant que citoyen beaucoup d'amertume à l'égard de nos dirigeants qui sont dans le déni. et ne comprennent pas la situation.
Je vous souhaite de retrouver l'équilibre personnel, familiale et professionnel. Vous avez mon soutien ainsi qu'à votre épouse et votre fils.
Courage pour ce que vous devez subir et que cette situation se dilue dans le temps pour n(être plus qu'un souvenir dont vous saurez prendre la mesure
Merci
La majorité des Français est avec vous.
Ce qui est triste, c'est qu'une grande partie n'ose le dire.
Le climat de lâcheté générale de nos politiques et de notre justice n'aide pas.
Je tiens à vous exprimer toute ma gratitude pour votre engagement et votre courage au quotidien. L’épreuve que vous traversez est difficile, mais sachez qu’elle témoigne aussi de votre force et de votre dévouement. En tant que citoyens, nous sommes à vos côtés, plus que jamais, pour vous soutenir sans relâche.
Il est inacceptable que nos responsables politiques fassent preuve d’une telle indifférence, voire d’une lâcheté, face à la réalité que vous vivez. Dans une démocratie comme la nôtre, protéger ceux qui nous protègent devrait être une priorité absolue. Pourtant, trop souvent, les élus préfèrent détourner le regard plutôt que d’assumer leurs responsabilités. Ce sont vous, policiers, gendarmes, pompiers, qui payez le prix de cette inertie, agressés, blessés, parfois même au péril de votre vie, sans toujours recevoir la reconnaissance que vous méritez.
Merci, du fond du cœur, pour votre sacrifice et celui de votre famille. Puissiez-vous trouver la force de continuer à avancer, malgré les épreuves, et sachez que votre combat est aussi le nôtre.
Avec toute mon admiration et mon soutien,
Xavier D.
Ancien militaire également j’ai intégré la réserve opérationnelle de la police nationale et comme tu l’as mentionné avant chaque départ en vacation personne n’ai sûre de rentrer.
Courage à toi ainsi qu’à tous les collègues.
C’est une honte absolue l’écart entre la police et les juges. Vous devriez être toujours soutenu.
À chaque fois que je fais appel à la police, je rencontre des gens formidables qui font un métier difficile et on vous rend ce travail encore plus dur
Il faut que ça change
Bon courage