Un rapport IGPN objectif ? UN1TÉ demande le maintien de l'expérimentation de la S4J

Depuis novembre 2023, UN1TÉ a lancé un projet audacieux pour redonner de l’élan à une filière en pleine détresse : l’expérimentation de la semaine de 4 jours (S4J) pour la Police Judiciaire. Dès le 13 mai suivant, cette initiative a été testée dans 28 services de PJ ainsi qu’à l’office de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) de Coquelles. Après une période d’adaptation, les premiers retours des agents via leurs représentants étaient largement positifs. Enfin, une bouffée d’air frais dans une filière en crise et de plus en plus désertée !

UN RAPPORT IGPN DANS LA LUTTE DES CLASSES

Mais voilà, près de neuf mois plus tard, l’IGPN a remis un rapport au DGPN recommandant l’arrêt de cette expérimentation, avançant plusieurs motifs comme une baisse de la disponibilité opérationnelle, une désorganisation des services, une atteinte à l’efficacité des investigations ou encore un impact négatif sur la coopération avec les autres services.
Ces critiques proviennent en grande majorité des officiers et commissaires : 75 % des officiers interrogés y sont défavorables, tout comme 13 des 16 chefs de service consultés, ainsi que l’ensemble de leurs supérieurs hiérarchiques (N+1).

Et pourtant… 66% des enquêteurs soulignaient une meilleure qualité de vie, 76 % plébiscitant même la poursuite de l’expérimentation, soulignant, au-delà de la qualité de vie, une motivation accrue et une attractivité renforcée des postes.
Mais une fois encore, ceux qui subissent les décisions doivent s’incliner devant une minorité qui tranche. Et cette fois, la pilule ne passe pas.

LE COUP DE GRACE POUR UNE FILIÈRE À L’AGONIE

L’annonce de l’arrêt de la semaine en 4 jours, ou #S4J, a rapidement suscité un profond malaise dans la filière investigation. UN1TÉ, seul syndicat à avoir proposé ce cycle, a organisé des manifestations à Roubaix, Charleville-Mézières, Grenoble et Agen.
Pendant ce temps, silence radio du côté d’Alliance Police Nationale et de son « Bloc ». Difficile de s’étonner quand une partie de leurs adhérents sont justement des officiers et commissaires… Conflit d’intérêts ? La base jugera.

Lors du congrès de la fédération des syndicats FO du ministère de l’Intérieur, UN1TÉ.MI-FO (anciennement FSMI), où était présent le ministre de l’Intérieur, Grégory JORON, fraichement élu Secrétaire Général Fédéral (également Secrétaire Général du syndicat de policiers UN1TÉ) s’est adressé directement au ministre, lors de son discours d’investiture en ces termes :
« Je ne comprends pas les éléments qui ont précédé cette décision, je ne comprends pas la période trop courte pour la prise en compte et pour étudier les indicateurs, je ne comprends pas l’absence de sites miroirs, je ne comprends pas les chiffres globalisés, je ne comprends pas que tous les sites n’aient pas été visités » et de poursuivre : « Aussi, je vous demande de prolonger l’expérimentation jusqu’à la fin de l’année pour les services qui le souhaitent et donner à ce projet, enfin, une chance d’être analysé complètement. »
Le ministre a feint de ne pas entendre, invitant simplement les organisations à participer à un « round syndical » afin d’apporter des idées pour redonner son « rayonnement » à la filière investigation.

Pourtant, UN1TÉ ne demande qu’un effort simple et sans coût : permettre aux volontaires de poursuivre l’expérimentation, avec une évaluation plus objective intégrant les bénéfices réels pour les policiers.

Carlo C.

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