Saint-Ouen : Triste victoire du trafic de stupéfiants contre l'école

La Seine-Saint-Denis est le département le plus criminogène de France. Formateur d’un point de vue policier, l’art de la débrouille y prend tout son sens. Mais le manque cruel de moyens humains frappe ce territoire ou un minimum de 200 effectifs supplémentaires est nécessaire notamment pour endiguer le phénomène toujours croissant du narcotrafic. Malgré tout, les policiers font de mauvaise fortune bon cœur en effectuant leurs missions du mieux possible comme le montre le nombre de missions en constante augmentation.

Saint-Ouen, ville, chargée d’Histoire mais aussi ville du Red Star, s’illustre d’une inquiétante manière depuis de nombreuses années à cause de la multitude de points de deal. Jusqu’à neuf points à part entière, dont certains qualifiés de véritables « fours », ont été dénombrés alors que la commune ne compte que 53 000 habitants. Le plus célèbre de ces points de trafic a été celui des Boute-en-Train, désormais fermé grâce à un long et fastidieux travail coordonné des policiers et de la Justice. Ce lieu était même considéré comme le plus gros point de deal de Seine-Saint-Denis.

D’autres fermetures de points ont suivi, sept au total, comme celui du vieux St-Ouen ou du quartier Michelet, grâce au travail des QRR et des BTC de la circonscription de sécurité publique qui ont fait le choix d’occuper le terrain pour ne pas le laisser aux trafiquants.
En harcelant par la présence, et en interpellant acheteurs et vendeurs, ils ont ardemment rendu le trafic impossible.

Néanmoins, deux points de deal perdurent. Dans le quartier Charles Schmidt, mais également la cité Arago qui a cristallisé l’actualité de ces derniers jours.
Et pour cause… Le point jouxte une école, et en apercevant la police, certains trafiquants n’hésitent pas à jeter dans la cour de récréation les produits stupéfiants en leur possession. Ce point, est ouvert 24h/24, même aux heures où la plupart des autres points de trafic sont fermés ou tournent au ralenti, ce qui en dit long quant à l’importance du trafic. Pas même une pause le matin, au moment où les familles déposent leurs enfants à l’école…
Bonbonnes de protoxydes d’azote jetées contre les vitres désormais brisées de la bibliothèque de l’école, pochons de cocaïne, etc…

La situation est devenue si infernale et surtout dangereuse pour les enfants confrontés bien trop tôt à cette criminalité qui gagne du terrain, que les parents d’élèves ont voté ce 03 avril la fermeture « provisoire » des classes et leur déplacement dans une autre école.
Une triste mais si fortement symbolique victoire du trafic de stupéfiant sur l’école de la République.

Urgemment, les policiers de Saint-Ouen, malgré toute leur motivation, ont besoin de renforts comme dans l’ensemble du département pour espérer enfin éradiquer le narcotrafic.

Éric Couvrat, Secrétaire Départemental Adjoint UN1TÉ 93

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