Il y a un an, ActuPolice se rendait au commissariat de Champigny (94), dans le cadre d’un reportage pour dénoncer des « dérives managériales ». Que s’est-il passé depuis ?

Sous la pression des interventions d’UN1TÉ, une cellule contre les risques psycho-sociaux (RPS) a été mise en place et une psychologue, à l’écoute d’un maximum de policiers, s’est déplacée dans tous le service.
Ses déplacements ont fait l’objet d’un compte rendu. Après une lecture édulcorée en cellule de veille, sa version intégrale n’a été révélée aux effectifs qu’après le départ du chef de service et une longue bataille.
Et son contenu est sans équivoque… Une expression a d’ailleurs marqué les esprits des représentants du personnel UN1TÉ val-de-marnais : « Toute la colonne vertébrale hiérarchique défaillante ».
Les lignes bougent
Même si des problèmes perdurent (manque d’effectifs surtout en judiciaire et départ de nombreux collègues), le commissariat de Champigny-sur-Marne connait des bouleversements comme le changement du chef de service et un chef SSQ (Service de Sécurité du Quotidien) sur le départ... Le dialogue social semble enfin établi, et des décisions sont prises même si elles peuvent paraitre discutables.
Mais il aura fallu trois ans de combat syndical par UN1TÉ pour que le malaise des collègues soit reconnu, la source du problème identifiée, et cette dernière prise en charge.
Trois années, durant lesquelles le directeur territorial comme le chef du 4ème district, n’ont pas semblé concernés par le mal être des collègues… Depuis le départ du chef de service, un semblant de normalité plane désormais avec des visites de ces deux hautes autorités auprès des policiers du commissariat en souffrance.

Même département, même toxicité managériale, cette fois à Créteil
Tout d’abord, au sein de la brigade de nuit, une dizaine de policiers ont dénoncé en mai dernier, par voie de rapports, le management « oppressant et dépourvu de toute empathie », de leur chef de brigade, au grade de Major.
Contre toute attente, la hiérarchie a fait une demande de clôture de préalerte de la cellule RPS, sans y mentionner ces problématiques.
Il y a environ six mois, ces mêmes collègues avaient demandé à être consultés par la médecine de prévention. Si les premières prises de rendez-vous s’effectuaient par téléphone, la procédure s’est alourdie pour les suivants, en leur imposant de formuler leur demande par mail et d’attendre une réponse. On aurait voulu freiner la procédure qu’on ne s’y serait pas mieux pris. Six mois après, certains n’ont toujours pas bénéficié de cette consultation médicale.
En octobre, UN1TÉ 94 a demandé à la hiérarchie si elle avait mis en œuvre des actions dans le cadre de cette affaire. Rien n’avait été fait, aucun signalement par exemple, auprès de l’Unité de Soutien et d’Écoute du Personnel (USEP), ni de l’Unité de Prévention et d’Aide au Management (UPAM), ni même encore auprès des psychologues.
Des convocations et des coups de pression ?
Pire, la trentaine d’effectifs de l’unité de nuit ont été « convoqués » individuellement hors tout cadre règlementaire, face à plusieurs autorités et sans représentant du personnel.
Comment croire qu’un policier en souffrance, qui dénonce des problèmes de management vis-à-vis d’une hiérarchie, se livrera librement et sereinement dans ces conditions ?
Un de ceux s’étant plaint du comportement de leur Major aurait fait l’objet de pressions de la part de ce dernier. Mais aux yeux de la hiérarchie avisée par UN1TÉ, il s’agirait d’un « simple cas isolé ».
Malgré l’opposition des représentants d’UN1TÉ, certains collègues ont été convoqués, toujours de manière informelle, pendant leur service et en présence du Major, à une « médiation » proposée par la hiérarchie sans la présence des organisations syndicales.
La BAC 94 pas épargnée
Un autre problème sévit sur le département. Depuis plus de 3 ans, à la BAC Territoriale, un des effectifs dénonçait le harcèlement dont il était victime par trois de ses collègues. Il apparaissait que ces derniers étaient soutenus par leur chef de Brigade, dont la réputation le mettrait dans les bonnes grâces de la hiérarchie.
Une enquête menée par le Service de Déontologie de Synthèse et d’Evaluation de la Police Nationale (SDSE), chargé notamment du suivi des enquêtes disciplinaires, avait permis de corroborer les faits. L’enquête administrative a ainsi laissé place au judiciaire et l’instruction est toujours en cours.
Si les délégués UN1TÉ s’étaient à nouveau emparés de l’affaire très rapidement, ils déplorent qu’une fois encore la chaine hiérarchique ait montré une forte distance à l’égard des victimes tout comme face aux représentants du personnel. Une façon de procéder toujours d’actualité du témoignage de tous.
Tous ces signalements révèlent une « solidarité » de toute la chaine hiérarchique, face aux problèmes rencontrés avec leurs effectifs. Lorsque cette « solidarité » fait obstacle à la mise en lumière d’un management toxique, qui génère une réelle souffrance chez certains collègues, on sait bien trop souvent qu’elle peut en être l’issue tragique.
Une organisation syndicale digne de ce nom ne peut accepter ni tolérer cela.
Carlo C.









