mardi, avril 16

Opérations place nette : tout repose encore sur les policiers.

Conformément aux annonces du Président de la République, depuis plusieurs semaines, s’enchainent les opérations « place nette ». Des opérations qui convoquent presse locale et caméras et dont les Préfets se vantent sur les réseaux sociaux. Ces places nettes, inscrites dans le programme de lutte contre le trafic des stupéfiants, engagent des dizaines de policiers ou gendarmes à chaque opération.

Marseille, Vénissieux, Béziers, Roman-sur-Isère… À chaque fois, ces actions, des contrôles d’identité aux visites de parties communes, génèrent des interpellations mais aussi des saisies d’armes et de drogues.

Pour quel résultat à long terme ? Car si l’action des forces de sécurité est palpable, que le résultat est là au jour le jour, que les policiers font largement leur part, que les enquêteurs identifient les tenanciers de réseaux, rien n’est dit sur tout ce que doit réellement être la lutte contre les drogues.

Tout cela ressemble à l’arrachage de mauvaises herbes dans un jardin.

Tout cela ressemble à l’arrachage de mauvaises herbes dans un jardin.

Certes, les opérations coups de poing face aux organisations criminelles sont nécessaires mais une fois que les policiers repartent, où sont les autres acteurs ?

Où sont les acteurs de prévention contre la délinquance, la politique sanitaire contre la consommation, les services sociaux pour empêcher que des enfants de 10ans ne soient recrutés pour chouffer, une justice dotée en moyens et des services administratifs pour considérer la complicité silencieuse des familles qui vivent des revenus générés par la vente de drogue, la politique pénale ferme qui systématiserait la saisie des avoirs des criminels ?

Ces opérations « place nette » n’en disent rien. Elles reposent entièrement sur les épaules des forces de sécurité intérieure déjà surchargées et appelées dès qu’il n’y a plus de solution. Et souvent la seule solution reste l’appel 17.

Ces opérations ne traitent que la partie visible de l’iceberg du trafic de drogues. Une fois les caméras chargées de faire la publicité de ces opérations parties.
Sans toutes ces mesures, dans leur totalité, les adventices de l’herbe de cannabis, de la cocaïne, du crack et de l’héroïne reprennent en vigueur.

Linda Kebbab

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