Un policier face au pire toutes les 85 minutes

Les gyrophares d’un véhicule de police viennent de s’allumer avec l’usage du « Deux tons ». Des policiers procèdent au contrôle d’une voiture. Quelques secondes plus tôt, rien ne distinguait réellement ce véhicule parmi les dizaines d’autres croisés durant la vacation. Le conducteur ralentit puis son véhicule s’arrête. Les policiers mettent pied à terre. Le conducteur regarde dans son rétroviseur… puis accélère brutalement.

En une fraction de seconde, le contrôle routier bascule. Un collègue doit se jeter sur le côté pour éviter l’impact. La radio s’emballe. La tension et l’adrénaline montent immédiatement. Plus personne ne sait jusqu’où le conducteur est prêt à aller pour fuir.

Cette scène survient toutes les 85 minutes en France.

Il y a un refus d’obtempérer toutes les 18 minutes. Entre 2016 et 2025, les refus d’obtempérer ont augmenté de 37 %, passant d’environ 20 500 faits à plus de 28 200. Entre 2024 et 2025, la hausse atteint même 11 %.

Plus inquiétant encore : 22 % des refus d’obtempérer sont aujourd’hui considérés comme aggravés, avec près de 6 200 faits impliquant des mises en danger directes des forces de l’ordre ou des usagers.

Dans ces situations, des policiers sont percutés, forcés de se jeter sur le côté ou délibérément visés lors de la fuite.
Ces fuyards inconscients prennent la fuite à contresens, accélèrent sur les effectifs ou provoquent même des collisions volontaires.

Face à ces situations extrêmes, les policiers peuvent être amenés à faire usage de leur arme afin de neutraliser une menace immédiate mettant leur vie ou celle des usagers en danger.

Ces refus d'obtempérer laissent des morts et des blessés. Parmi eux : des policiers, des usagers innocents et parfois le fuyard lui-même, emporté par une course qu'il avait lui-même déclenchée.

Quand un conducteur fonce délibérément sur des policiers pour échapper à un contrôle, il ne s’agit plus d’un simple refus d’obtempérer. Il s’agit d’une tentative d’homicide avec un véhicule qui devient alors une arme par destination.

Une réponse pénale ferme apparaît désormais nécessaire pour endiguer un phénomène qui, année après année, ne cesse de s’aggraver.

Ludovic Bonnet

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