Événement : un policier élu à la commission exécutive de Force Ouvrière

Secrétaire général d’UN1TÉ et de la fédération UN1TÉ.Mi FO, Grégory Joron, a été élu membre de la commission exécutive confédérale de Force Ouvrière. Cette élection représente un fait notable pour la représentation du syndicalisme policier.

Grégory Joron a débuté sa carrière dans les Compagnies républicaines de sécurité (CRS). Il y a exercé avant d’occuper successivement les fonctions de délégué national, secrétaire national CRS au sein d’UNITÉ SGP POLICE-FO, puis secrétaire général adjoint aux côtés d’Yves Lefebvre, avant de prendre la tête du syndicat, rebaptisé depuis UN1TÉ.
Il est élu en mars 2025, secrétaire général de la fédération FSMI-FO renommée UN1TÉ.MI FO par la même occasion.


Son parcours syndical est marqué par plusieurs mobilisations. En 2015, il a impulsé une négociation entraînant une augmentation historique de l’indemnité journalière d’absence temporaire (IJAT) des CRS avant de mener le combat collectivement en 2016 et 2017, empêchant ainsi sa fiscalisation. En 2022, il obtient la reconnaissance des conditions particulièrement dangereuses des missions en haute montagne, avec la mise en place de la prime exclusive de secours en montagne pour les unités CRS concernées. Une prime dont il sollicite désormais le versement pour certaines spécialités en s’appuyant sur les mêmes arguments, chez les motocyclistes par exemple. « Nous avons obtenu la prime des montagnards lorsqu’UN1TÉ était majoritaire. Aujourd’hui la situation est bloquée mais si nous sommes à nouveau majoritaires (ndlr : les élections auront lieu en décembre 2026), ce sera un dossier prioritaire » déclare le syndicaliste.


Il mène les négociations engendrant la création de l’indemnité de sujétion spéciale pour les administratifs et techniciens de la Police Nationale (ISSPAT), ou encore la hausse des taux de gradés du CEA. Aujourd’hui, Grégory Joron défend plusieurs dossiers importants comme le dégel du point d’indice, et un renforcement de la protection fonctionnelle face aux agressions et procédures dont les forces de l’ordre peuvent être victimes. Il porte également l’ambition de faire progresser le déplafonnement de la bonification retraite pour les agents de la catégorie super-active, à laquelle appartiennent les policiers nationaux, afin de mieux prendre en compte la pénibilité de leurs missions.


Cette élection intervient alors que les policiers font régulièrement état de difficultés. « Nous ne venons pas à la confédération pour réclamer des privilèges, mais pour porter la voix de ceux qui assurent la sécurité au quotidien, tout en défendant les intérêts de l’ensemble des travailleurs », affirme-t-il.


Pour Force Ouvrière, l’arrivée d’un représentant d’UN1TÉ renforce la présence des métiers de terrain dans ses instances dirigeantes. Du côté du syndicat ministériel, elle traduit la volonté de peser davantage au niveau confédéral sans perdre de vue les réalités quotidiennes des agents dans les services.


Ancré dans l’expérience opérationnelle, du terrain des CRS aux responsabilités nationales, l’élection de Grégory Joron marque une nouvelle étape du syndicalisme policier. Elle devrait permettre de faire remonter plus directement les préoccupations liées aux retraites, au pouvoir d’achat ou aux conditions de travail dans les débats confédéraux.

Linda Kebbab

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