Du 17 au 20 novembre 2025 se tenait le congrès extraordinaire du syndicat de policiers UN1TÉ, à Talmont-Saint-Hilaire en Vendée. Congrès endeuillé par « la perte d’un pilier du syndicat, Guy Dalier, secrétaire national et militant engagé, passionné et précieux ».

Une poignée de jours durant lesquels l’organisation syndicale a réuni plus de 400 de ses délégués venus de toutes parts du territoire français, y compris ceux de Guadeloupe, Guyane, Martinique, de la Réunion, Mayotte, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et même de Wallis-et-Futuna.
Des journées de travail et de débats riches et passionnés, orientées essentiellement sur des objectifs techniques et revendicatifs de l’organisation dans le but d’améliorer les conditions de travail et de vie des policiers français.
Ces revendications, Grégory Joron, secrétaire général UN1TÉ, les a clairement exposées au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, invité pour l’évènement avec une délégation, dont faisait partie le directeur général de la police Nationale, Louis Laugier.
Les revendications d’UN1TÉ
Sans langue de bois, le secrétaire général de l’organisation syndicale a rappelé les grandes difficultés du secteur investigation en perte d’attractivité et l’attente de la mise en place d’un plan d’urgence pour redonner un souffle nouveau à cette filière ô combien vitale dans la police nationale. La BRI n’a pas été oubliée avec le rappel de la nécessité de l’attribution d’« une prime exclusive pour ces 400 policiers dévoués corps et âme ».
Le manque de budget, d’effectifs et de matériel a était mis en exergue, aucune branche de la police Nationale n’étant épargnée.
Les reclassements ont également été abordés. « Aucun corps de la Police nationale ne peut accepter qu’à ancienneté égale, un agent ayant réussi un examen de grade soit moins rémunéré qu’un autre n’ayant rien passé. » Le secrétaire général d’UN1TÉ n’a pas manqué devant le ministre de tacler « le bloc » (NDLR : concurrence syndicale regroupée en un bloc contenant 13 syndicats de police dont des syndicats d’officiers et de commissaires), qui « a évoqué subitement, après plus de deux ans de silence, la problématique des reclassements et les injustices qu’ils génèrent. » En effet, UN1TÉ a pour sa part, après plusieurs tentatives de négociation depuis septembre 2023, déposé un recours au conseil d’État en janvier 2025, puis dépose à nouveau un recours sur l’ensemble de l’arrêté pour faire reconnaître et réparer ces reclassements injustes.
Grégory Joron a également rappelé la nécessité pour l’administration de répondre à ses obligations légales en termes de protection fonctionnelle et que cela ne serait possible qu’avec la mise en place d’un budget dédié à cette dernière. Des pistes ont également été proposées afin d’en faciliter l’accès et la prise en charge, comme la mise en place d’une carte Vitale Opérationnelle.
Concernant les policiers mis en cause dans le cadre de leurs fonctions, le syndicat demande une justice adaptée à l’évolution des risques physiques, administratifs et juridiques auxquels tous les policiers sont désormais confrontés.
Le secrétaire général d’UN1TÉ s’est également positionné en faveur de l’outre-mer qui « ne doit pas tomber dans l’oubli ». La France doit considérer ses territoires qu’ils soient sur l’hexagone ou à plusieurs milliers de kilomètres avec le même intérêt.
Les réponses du ministre
Le ministre a répondu en soulignant les 100 ans de « dialogue social exigeant marqué par une expertise technique reconnue au bénéfice de l’ensemble des composantes de la police Nationale ».
Sur l’investigation, il s’engage à présenter « très vite » le plan investigation contenant plus de cent propositions. Monsieur Nuñez en a profité pour remercier UN1TÉ pour sa « contribution active et fructueuse à cette réflexion conduite en faveur de l’investigation ». L’allègement de la procédure pénale est toujours d’actualité.
Une augmentation du budget attend d’être votée avec à la clé, 2000 équivalents temps plein (ETP), 2900 véhicules en 2026, une rénovation du parc immobilier, un retour à la normale du portail UNIFORCES pour début 2026.
Concernant l’indemnitaire, le ministre s’engage à faire le nécessaire au niveau ministériel pour le respect de la mise en œuvre du protocole de modernisation des ressources humaines de 2026
En juin dernier, la revalorisation de l’indemnisation de travail de nuit a été validée. Le ministre a souligné connaître « l’importance » que cette avancée « a, pour UN1TÉ, qui s’était fortement engagé pour la définition du statut du travailleur de nuit », rappelant ainsi la paternité du syndicat sur ce dossier.
Le ministre dit avoir conscience qu’il reste du travail concernant l’aboutissement du protocole, comme par exemple la finalisation de la réforme statutaire des CEA avec le reclassement du 5ème échelon.
Concernant les Ultra-marins, il a noté la demande d’UN1TÉ portant sur l’indexation du salaire des policiers adjoints.
Le ministre de l'Intérieur s'est engagé a étudier toutes les revendications portées par UN1TÉ dans le cadre d'une bilatérale.
Carlo C.
Toute la rédaction d’ActuPolice partage la peine de la famille de Guy et lui présente ses plus sincères condoléances.

Voilà, j'aimerais savoir quand est ce que vous avez deposé le nouveau recours sur l'ensemble de l'arrêté de ant le Conseil d'Etat?
Cordialement.
J'ai laissé un premier commentaire lors du recours au conseil d’État en janvier 2025 d'UN1TE
J'ai été surpris de ne pas avoir de réponse à ce commentaire par le syndicat
Seuls quelques collègues ont réagi
Je suis actuellement brigadier chef 4 ème échelon indice 518 avec un revenu de 2855.99 euros
Ce mois ci, avec la même ancienneté, si j'étais resté gardien de la paix, je serais à l'indice 532 avec un revenu de 2921.52 euros
Je perds donc 65.53 euros par mois pour avoir pris la mauvaise initiative de solliciter un grade supérieur il y a quelques années, comme de nombreux collègues
Je vais devoir attendre le 15 février 2027 pour obtenir l'échelon 5 de brigadier chef avec pour indice 528, encore inférieur à celui de gardien de la paix de 532 que j'aurais eu à cette date en restant à ce grade
Soit toujours une perte de 16 euros par mois, que je vais subir jusqu’à mon départ à la retraite au plus tard en octobre 2027, date à partir de laquelle je perdrais encore 20 euros par mois entre les deux grades
À grade supérieur, quel que soit le moyen par lequel il a été obtenu, il est logique que la rémunération soit supérieure
Il est incroyable que cette situation puisse perdurer
Cordialement