Avec le boycott des CAPN par Alliance, les policiers suspendus et ceux en attente d’une réponse pour leur situation individuelle paient le prix fort. Les premiers, privés de leur droit à réintégration des rangs faute de quorum, restent sans emploi ni revenu. UN1TÉ choisit d’agir. Explications...

Depuis octobre 2024, certains syndicats dont Alliance, ont choisi de boycotter les Commissions Administratives Paritaires Nationales (CAPN), affirmant vouloir faire plier l’administration sur les « grands enjeux nationaux ». Or, ces sujets ne sont justement pas du tout du ressort des CAPN. Ils relèvent des Comités Sociaux d’Administration (CSA) du réseau Police Nationale ou du CSA ministériel, qui sont précisément les instances où ces débats (par exemple sur des réformes) doivent avoir lieu, suivis de votes.
Alors, une question s’impose : quelle pression l’administration subit-elle réellement lorsqu’une CAPN est boycottée ? La réponse est claire : strictement aucune.
Mais les conséquences sont réelles pour les policiers concernés par ces CAPN. Il s’agit souvent d’agents ayant fait l’objet d’une condamnation judiciaire dans le cadre d’une action de police, et qui sont sous le coup d’une interdiction temporaire d’exercer. Depuis octobre, beaucoup attendent de pouvoir réintégrer les rangs de la Police Nationale.
Or, en l’absence de quorum due au boycott, la CAPN ne peut siéger. Et sans CAPN, aucune demande de réintégration ne peut être étudiée, ni de date de retour fixée. Ce qui devait être une interdiction temporaire se transforme en une suspension à durée indéterminée.
Boycotter la CAPN revient, de manière assumée, à prolonger la sanction de ces collègues au-delà de leur condamnation. C’est leur refuser de reprendre leur vie professionnelle, de subvenir à leurs besoins, de retrouver une place dans la société et dans leur institution.
« Depuis octobre, je ne peux plus exercer, ni subvenir aux besoins de ma famille. J’attends qu’on statue sur ma réintégration, mais sans CAPN, rien n’avance. » (Un policier dont la condamnation à une interdiction d’exercer par la justice a pris fin mais concerné par le blocage)
UN1TÉ, conscient des enjeux humains et professionnels de ces dossiers, a fait le choix de siéger à chaque CAPN pour garantir à ces policiers une réintégration rapide et légitime.
Le 25 juin 2025, l’UNSA Police s’est enfin désolidarisé du boycott mené par Alliance. Grâce à cette position, la CAPN a pu se tenir et examiner plusieurs dossiers. Résultat : six policiers vont retrouver leur uniforme dès la semaine prochaine. Une avancée concrète, qui aurait pu se produire dès le 1er novembre 2024 si l’ensemble des syndicats avait fait le choix de siéger en octobre.
Si affronter l’administration est une posture revendiquée, encore faut-il le faire dans les bonnes instances. Pouvoir regarder les policiers privés de travail et leur apporter un soutien concret est le choix revendiqué par UN1TÉ.
Guy Dallier
Secrétaire National UN1TÉ
Secteur Mobilité et Carrières