Du 15 au 17 juin prochain se déroulera le sommet du G7 à Evian-les-Bains en Haute Savoie. Un évènement d’ampleur internationale qui mobilise plus de 7000 agents de la police nationale, et plus de 6000 gendarmes venus pour la plupart en renfort d’autres secteurs géographiques de l’Hexagone. Certains de ces effectifs sont déjà à pied d’œuvre depuis près d’une semaine. Le sommet n’a pas débuté officiellement que déjà, la colère gronde dans les rangs de la Police nationale.

crédit photo UN1TÉ POLICE
Le syndicat UN1TÉ, dont les délégués de terrain sont sur place, au contact des policiers, a déjà relevé de nombreux manquements en termes de conditions de travail.
Des logements parfois trop éloignés et non conformes
UN1TÉ est intervenu sur une centaine de relogements de policiers initialement affectés dans des chambres exiguës (moins de 6m²), bruyantes (contre une voie ferrée très fréquentée) voire insalubres. De l’aveu d’un des représentants du personnel, l’UCGE (Unité de Coordination des Grands Evènements) a été très réactive pour trouver des solutions.

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Niveau logement, le point noir reste la distance entre les lieux de repos et les lieux de prise de service, distants pour certains à plus d’une heure, voire une heure et demi en véhicule. Et les axes actuellement praticables, le seront beaucoup moins dans les jours à venir… Comment feront les policiers logés loin de leur site de travail pour se rendre sur place à l’heure ? Devront-ils partir deux heures avant leur prise de service ? Devront-ils utiliser leur gyrophare et leur avertisseur sonore, pourtant utilisables dans certaines conditions bien encadrées par leur administration, au risque de se mettre en danger ?
Vous en mangeriez ?
Si ces problématiques sont souvent mises en avant par les fonctionnaires, une revient systématiquement sur toutes les lèvres : la nourriture. Photos à l’appui, les policiers dénoncent sur Annemasse et Evian des paniers repas « douteux ». Une tranche de pain pas frais avec trois tranches de salami et de la sauce barbecue, ou une tranche de viande froide semblant oxydée, ou encore des pommes contenant des vers, en passant, entre autres, par des paniers repas dont les aliments se sont mélangés (entrée, fruit et dessert)…






crédit photos UN1TÉ POLICE
Là encore, le syndicat UN1TÉ a dénoncé ces conditions de restauration d’un autre temps. En réponse, l’administration a organisé à toute hâte un rendez-vous avec le traiteur laissant les représentants du personnel… sur leur faim… Après avoir répondu à un appel d’offres, ce traiteur, sélectionné par l’administration, déclare ne pas avoir de fournisseur de pain frais, et fournit donc du pain surgelé. Par manque de main d’œuvre, il prépare les sandwichs la veille pour le lendemain. Il ne semble pas en mesure de pouvoir améliorer significativement ses repas, même si, de son côté, la Direction Générale de la Police Nationale s’est engagée à une amélioration d’ici vendredi 12 juin…
UN1TÉ a demandé de cesser les associations de produits improbables et partir sur des recettes plus simples comme des salades de pâtes, et sandwichs plus « traditionnels ». UN1TÉ est allé jusqu’à demander la rupture du contrat liant l’institution Police à ce traiteur, pour mettre en place des frais de mission. Impossible, a répondu l’administration.
La colère gronde…
Certains policiers déclarent avoir eu des problèmes gastriques suite à l’ingestion de certains repas.
Si certains sont mieux lotis, gendarmes, CRS, et certains sites, le problème majeur se situe sur Annemasse et Evian, site confié à un traiteur en particulier qui prépare entre 2000 et 2500 repas quotidiens pour les compagnies de marche.
Certains policiers n’ont pas hésité à se rendre sur la fiche Google du traiteur pour laisser un avis plutôt critique…

Si rien ne change rapidement, comment vont réagir ces policiers censés protéger un évènement d’envergure internationale ?
Alors que les acteurs principaux du G7, vont, à n’en pas douter, se restaurer avec des mets plus fins les uns que les autres, ceux qui les protègent ne méritent-ils pas plus de considération ?
Le choix du site d’accueil d’un tel évènement ne devrait-il pas tenir compte de toutes ces problématiques (suffisamment de logements et de points de restauration à proximité, ainsi que des budgets suffisants alloués à l’hébergement et la restauration des serviteurs de l’Etat… ).
Carlo C.
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