Sécurité à l’UNOC3 : mobilisation réussie, malgré quelques couacs persistants

Alors que la France célébrait en 2024 le 80e anniversaire du Débarquement et accueillait les Jeux olympiques d’été, un constat s’imposait : la sécurité des grands événements a été assurée avec efficacité. Une performance saluée jusque dans les rangs des forces de l’ordre, malgré quelques difficultés initiales rapidement prises en charge, notamment grâce à l’intervention d’UN1TÉ. Un an plus tard, le défi sécuritaire se déplace à Nice. La ville accueille cette semaine la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC3), un sommet coorganisé par la France et le Costa Rica. Une échéance d’envergure dans une cité encore marquée par les attentats du 14 juillet 2016 et du 29 octobre 2020.

Une sécurité renforcée
Pour l’occasion, près de 4 000 policiers ont été déployés dans la capitale azuréenne.
Leur mission : garantir la sécurité des 70 délégations officielles, des 5 000 congressistes, des touristes et des habitants.
Les premiers renforts ont pris leurs quartiers dès le 28 mai, pour un événement officiellement programmé du 9 au 13 juin.
Afin d’être aux côtés de nos collègues sur le terrain et de veiller au respect de leurs conditions de travail, huit membres du bureau national UN1TÉ, accompagnés du secrétaire zonal Sud, sont venus renforcer les équipes du bureau départemental 06 et les effectifs CRS de la zone Sud.

Conditions de travail : des avancées, mais encore du flou
Initialement, un taux de présence de 100 % avait été exigé pour les effectifs niçois. Une exigence revue à la baisse à 80 % après intervention syndicale UN1TÉ. Une première victoire, mais qui n’a pas suffi à éteindre certaines critiques.
Sur le terrain, les agents locaux dénoncent l’absence de ravitaillement en eau sur les postes fixes — la note imposait de se rendre soi-même aux points de ravitaillement —, des missions peu stimulantes, et des relèves parfois défaillantes. La première semaine, le service de quart n’avait aucun renfort et, sur la voie publique, les effectifs assuraient une présence importante, ce qui a eu pour effet d’alourdir considérablement la charge de travail des enquêteurs. À cela s’ajoutent des dépassements horaires que l’administration tarde à reconnaître. Les délégués départementaux UN1TÉ ont d’ores et déjà annoncé qu’ils veilleront à la bonne prise en compte de toutes les heures effectuées.

Des renforts globalement satisfaits
Du côté des renforts venus de toute la France, le ressenti est plus nuancé, voire positif. Le cadre ensoleillé, les 40 € par jour versés via la carte Pluxee pour la restauration — quelques bugs concernant l’utilisation de la carte ont été cependant signalés, obligeant des collègues à faire l’avance des repas —, et l’indemnité d’absence missionnelle de 50 € par nuit (à partir de la 4e nuit) ont contribué à atténuer les effets de l’éloignement familial et de la répétitivité de certaines missions.
Mais là encore, tout n’est pas rose. De nombreuses spécialités n’ont pas été utilisées dans leur cœur de métier, comme par exemple, les motards UMZ, peu pour ne pas dire pas employés sur les escortes de délégations. Mais le principal point noir reste l’éloignement des logements. Certaines unités, comme la CRS 35, étaient hébergées à Manosque, soit à près de 200 km de leur zone d’intervention. Résultat : jusqu’à trois heures de trajet dans des conditions de circulation difficiles. Une organisation jugée « inadmissible » par plusieurs agents sur place. Le secteur CRS a obtenu après saisine du Directeur Central Adjoint la mise à disposition de chambres à l’Ariane pour les chauffeurs de nuit.
Cette mesure a permis de limiter la fatigue et de réduire les risques d’accident, sans pour autant régler tous les problèmes liés à l’éloignement.

Une image maîtrisée malgré les difficultés
Malgré ces dysfonctionnements, l’engagement des forces de l’ordre n’a jamais faibli. Leur professionnalisme a une fois de plus permis à la France de tenir son rang sur la scène internationale, en assurant un événement de haut niveau dans un climat sécurisé.
Reste à espérer que ces retours du terrain serviront de leçon, et que les prochaines grandes échéances bénéficieront d’une anticipation logistique plus rigoureuse.

Carlo C.


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