mardi, avril 16

Coup de tonnerre au procès ou grosse mise en scène…

Dans notre article du 19 février dernier, concernant l’ouverture du procès du meurtrier présumé d’Eric Masson, nous avions évoqué la lecture de l’acte d’accusation faite par le président de la cour d’assises de Vaucluse qui avait duré 2 heures et qui, selon nous, ne laissait aucun doute quant à la culpabilité de l’auteur présumé des coups de feu.

Depuis, se sont succédés à la barre, experts, enquêteurs, témoins et collègues d’Éric travaillant avec lui, le jour des faits.

Ce matin, Romain, qui était en binôme avec Éric au moment du drame, a longuement été entendu par la cour.

La défense depuis la semaine dernière, dans ses questions, travaillait plus à essayer de démontrer que le tireur aurait pu ne pas connaitre la qualité de policier d’Eric et de Romain, plutôt que de démontrer qu’Ilias Akoudad était innocent.

Aussi, lorsque cet après-midi, durant le témoignage de la mère de l’accusé, ponctué de silences lorsque les questions ne lui convenaient pas, maître Berton, dans une impeccable mise en scène, a demandé à cette dernière si elle pensait que son fils était coupable d’avoir tiré sur Éric.

À peine avait-elle répondu par la négative, qu’il se tournait vers son client lui posant LA question, et là, coup de tonnerre…

Ilias Akoudad répondait qu’il était bien le tireur ayant abattu Eric Masson.

Il s’est alors lancé dans des explications insoutenables, durant lesquelles, le papa d’Éric, a quitté la salle.

Durant son monologue, il a tenté de faire croire à l’assistance qu’il était enfin doté de sentiments vis-à-vis de la famille d’Éric, et qu’il souhaitait enfin dire la vérité…

Une vérité selon laquelle, il ne connaissait pas la qualité d’Éric au moment des faits.

Une vérité selon laquelle, il n’aurait jamais tenté de tirer sur Romain, à l’inverse des éléments rapportés par la balistique.

Alors, oui, maitre Berton, les aveux de votre client nous semblent être un non-évènement.

Bien sûr, tout le monde apprécie qu’ENFIN, votre client avoue son implication dans cet odieux meurtre. Mais, comment ne pas penser qu’il était piégé par les témoignages, et les éléments techniques et scientifiques le reliant aux faits. Pour nous, sa seule porte de sortie, prévisible dès le départ du procès, était, des aveux maitrisés pouvant minimiser sa peine.

Que dire, du témoignage d’Assia, la sœur du tireur, qui s’exprime juste après les aveux de son frère, sans avoir connaissance de ces derniers, et qui parle d’une « enquête maquillée », durant laquelle les enquêteurs auraient tout fait pour faire endosser la responsabilité du meurtre à son frère, parlant de « zones d’ombre ».

À L’annonce des aveux de son frère, par le président, elle s’est murée dans le déni en continuant de croire en l’innocence de son frère.

Les aveux tardifs de l’auteur ont généré un mélange de soulagement dans l’assemblée mais aussi beaucoup de colère.

Le manque d’empathie évident du mis en cause, de sa mère et de sa sœur à l’endroit de la famille d’Eric ont également engendré un sentiment d’incompréhension.

Enfin, comment prêter du crédit aux regrets du tireur, qui quelques jours après son geste, reprenait son « business » de dealer sur les réseaux sociaux en demandant plus de discrétion au vu des récents évènements. Concernant les découvertes faites sur son téléphone, les enquêteurs retrouvaient une photo d’Eric, les mentions : « How to get away with murder » (comment se débarrasser d’un meurtre) et « Un flic, une balle, justice sociale ».

Vraiment, espérons que la justice ne tremble pas…

Carlo C.

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