mardi, avril 16

Champigny – C’était mieux avant…

Le 1er juin dernier, suite à l’appel du syndicat Unité SGP Police, près de 180 policiers se rassemblaient devant le commissariat de Champigny pour dénoncer un cruel manque d’effectif couplé à « des dérives managériales »…

Malgré cette opération médiatique, et les nombreux tracts d’alerte de nos délégués de terrain, plus de six mois après, l’ambiance reste en berne dans ce commissariat situé en plein Quartier de Reconquête Républicaine (QRR).

Le management pointé du doigt

Tous les services que nous avons rencontrés semblent d’accord sur un point : Un management pas à la hauteur.

  • Aucune prise de décision réelle
  • Des doubles discours avec des positions peu claires
  • Peu, pour ne pas dire « pas », d’anticipation quant au remplacement d’effectif
  • Un sentiment de suspicion vis-à-vis de la base
  • Des critiques négatives fréquentes et rarement des félicitations

Des effectifs qui fondent comme neige au soleil

Le SAIP (Service d’Accueil et d’Investigation de Proximité) qui comptait près de 40 fonctionnaires en 2018, se retrouve à moins de 15 aujourd’hui.

Nos collègues expliquent cette désertion massive en partie par ce fameux management couplé à une procédure de plus en plus systématique et chronophage.

Cet effondrement significatif de l’effectif global impacte fortement les conditions de travail de ceux qui restent.

Alors que la nomenclature prévoit 13 OPJ, le SAIP Champigny n’en dispose plus que 9, dont certains sont aménagés. Au final, ce sont 6 OPJ qui peuvent assurer les trop nombreuses permanences.

Le résultat ? Un cercle vicieux sans fin

De plus en plus de procédures à traiter, pour de moins en moins de fonctionnaires. Un délai de traitement qui s’effondre inexorablement…

Énormément de procédures qui dorment dans un bureau réquisitionné spécialement pour elles, dans l’espoir d’être traitées un jour ou l’autre, avant qu’elles ne tombent dans la prescription… la BEI (Brigade d’Enquête et d’Initiative) ayant été dissoute, ce sont les autres groupes qui sont censés absorber les procédures destinées initialement à cette unité. Et une chaine judiciaire qui s’impatiente de voir aboutir les dossiers…

Les enquêteurs, de flag 1 semaine sur 2, qui doivent traiter leurs dossiers en prélim, ont l’impression d’être à l’usine, de travailler pour la hiérarchie, pour leurs statistiques et leurs primes, et plus pour les victimes… Le but étant d’avoir un maximum d’affaires résolues, les VPE (vol par effraction) sont donc privilégiés…

Une pression du chiffre omniprésente et infernale

Avant, certains collègues arrivaient à monter de bonnes affaires qui nécessitaient de l’investigation digne de ce nom, de la surveillance, et de l’interpellation. Aujourd’hui, cela n’est plus possible…

Il y avait même un petit groupe stup monté avec 3 anciens effectifs des stup du Val de Marne. Ces derniers seraient partis, car parasités par des procédures ciblées telles que les VPE, allant dans le sens de la politique du chiffre toujours présente dans la police nationale…

Au final, ce sont des enquêteurs usés, désabusés, qui pour certains ont fait un burn-out, et qui n’ont plus qu’un objectif, partir.

Ce mal touche même le corps des officiers. La chef SAIP, appréciée de la base, après avoir été en Burn-out, s’est vu proposer un article 25… Sur les 3 officiers initialement prévus au SAIP, il n’y en a plus…Le CEA devra-t-il palier leur absence sans la rémunération et les primes ?

En tous cas, pour eux, le judiciaire coule…

Plusieurs cellules RPS ont été ouvertes, des rapports ont été établis au BGO et à la direction ; De nombreux collègues sont allés consulter la médecine de prévention… Tout cela a débouché sur ….RIEN !

La reconquête vaincue ?

La BTC (Brigade Territoriale de Contact) initialement créée dans le cadre de la QRR (Quartier de Reconquête Républicaine) n’a pas été plus épargnée par cette hécatombe… Initialement créée sur 2 groupes de 20, elle ne compte plus que 13 fonctionnaires le matin et 5 l’après-midi…

Si les effectifs du matin sont dans l’ensemble plutôt satisfaits de leur sort et de leurs missions, l’ambiance n’est pas la même concernant le groupe d’après-midi.

Le management serait en cause, il aurait poussé 15 de ces fonctionnaires à déclencher une cellule RPS. Comme pour le SAIP, aucun changement n’a été ressenti à l’issue.

Nombreux ont décidé de passer les tests BAC, où le constat est plus édulcoré, et partir vers d’autres horizons.

Les collègues de PS (Police Secours), en sous-effectif, qui sont employés sur des servitudes de plus en plus nombreuses (gardes TGI, Gardes Hôpital, CNA, transports de GAV devant le corps médical), ont le sentiment que leurs missions ne sont pas considérées.

Attention, danger !

Le climat est pesant dans ce commissariat situé au milieu d’une cité, dans un environnement pas toujours favorable à la police. Mais pour les collègues, le vrai problème vient de l’intérieur.

Tous ceux rencontrés, souhaiteraient pouvoir s’appuyer sur une hiérarchie aux prérogatives claires et définitives.

Ils aimeraient pouvoir travailler dans de meilleures conditions, avec plus d’effectifs, plus de moyens, et traiter des dossiers urgents, pas ceux qui intéressent les statistiques.

Beaucoup nous ont avoué craindre qu’un malheur arrive si l’ambiance perdure en l’état.

Nous nous interrogeons ainsi, quant à l’efficacité des protocoles mis en place par l’administration pour lutter contre les risques psycho-sociaux.

Depuis 4 à 5 ans, leurs conditions de travail n’ont cessé de se dégrader, pour eux, « c’était mieux avant ! »

Carlo C.

Liens : Article Le Parisien

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