mardi, avril 16

Danger sur les policiers escorteurs de la PAF à l’étranger.

3 policiers affectés à la PAF Corse 2B, en mission de reconduite d’un ressortissant sous OQTF, ont été interpellés par la police tunisienne une fois atterris à l’aéroport de Tunis. Une première, jugée «scandaleuse et inacceptable» par le syndicat UNITÉ SGP POLICE.

Hier après-midi, alors qu’ils reconduisaient Ridha A, un ressortissant tunisien sous OQTF, condamné pour violences avec arme et apologie du terrorisme, trois policiers de la police aux frontières (PAF) ont fait l’objet d’une interpellation par la police tunisienne à l’aéroport de Tunis.

Arrivé à l’aéroport dans son pays d’origine et avant que les escorteurs français n’aient eu le temps de terminer les formalités, il s’est plaint auprès des policiers de son pays d’avoir été victime de « violences policières » avant le vol.

Il s’est avéré en réalité qu’au moment de l’embarquement à l’aéroport de Marseille, Ridha A. s’était violemment rebellé et opposé à son éloignement. Les policiers français chargés de l’escorter ont alors utilisé les techniques professionnelles policières pour le maîtriser. Dans l’avion, l’homme s’était même calmé et avait présenté ses excuses aux policiers de la PAF.

Les agents tunisiens eux, évoquaient un coup de poing illégitime, ainsi que, sans la produire, une vidéo d’une passagère. Ils parlaient de côte cassée sans aucune constatation médicale.

Pourtant une autre vidéo d’un membre de l’équipage corroborait la version des policiers, contredisant sans équivoque celle du reconduit. Sur les images de la rébellion, les policiers escorteurs utilisaient les techniques régulières d’intervention enseignées durant la formation de tout policier.

Malgré cela, sans que l’officier de liaison des services diplomatiques français à Tunis dépêché sur place après l’alerte donnée par la direction nationale de la police aux frontières (DNPAF) et la direction de coopération internationale de sécurité (DCIS) ne puisse s’y opposer, une Juge tunisienne a été saisie, ordonnant le maintien sur place et l’audition des policiers escorteurs.

C’est après plusieurs heures d’audition et au milieu de la nuit, que les trois policiers ont été libérés et ont pu regagner leur hôtel.

UNITÉ SGP POLICE a saisi ce mercredi, le ministre de l’Intérieur ainsi que le locataire du Quai d’Orsay afin d’exiger de leur part qu’ils interviennent auprès de leurs homologues tunisiens et empêcher que cet événement ne se reproduise plus jamais.

Cette amère expérience n’est pas seulement inquiétante, elle est également dangereuse pour toutes les futures reconduites à l’étranger des OQTF. Les policiers français doivent ils craindre des mesures de rétorsion à leur encontre à chaque mission à l’étranger ?

Linda Kebbab

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